Musique folk éthérée heureuse libre et consciente

Bhogy et le chat Momo

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BHOGY :
Hé, mais… ce serait pas un chat roux, là-bas, le long de la Meurthe ? Si ça se trouve, c’est Momo.

MOMO :
Oh putain, un humain ! Il m’a vu. Il s’approche. Merde.

BHOGY :
Salut, le chat ! Qu’est-ce que tu fais ici ? Tu es perdu ?

MOMO :
Perdu ? Moi ? Pas du tout. Ne t’inquiète pas.

BHOGY :
En tout cas, à Rosières, on ne parle que de toi.

MOMO :
Justement, ne m’en parle pas. Et laisse-moi tranquille.

BHOGY :
Pas de souci. Je voulais simplement te prévenir : il y a des affiches partout dans le village. Un avis de recherche. On te cherche dans tous les coins.

J’en ai vu au tabac, place Saint-Pierre, au kebab, à la pharmacie, au parc, dans les rues… Même sur Internet ! On ne parle vraiment que de toi.

MOMO :
Oui, oui, je sais. Je suis complètement grillé. Impossible de poser une patte dans le pâtelin sans être repéré.

BHOGY :
Tes maîtres sont tristes et inquiets. Tu devrais peut-être rentrer.

MOMO :
Mes maîtres ? Non mais tu délires ! Je n’ai pas de maîtres. Je suis un chat. Un dieu libre et souverain. Je n’appartiens à personne.

Je veux bien vivre avec votre espèce dans une symbiose commensaliste. Mais là, tu vois, j’avais besoin de prendre l’air. C’est comme ça. Parfois, l’ambiance est pourrie et vous me cassez les couilles.

Mais je te rassure : je ne suis pas perdu. Je suis parti prendre quelques jours de vacances. Et si ça me chante, je reviendrai.

Un chat n’est pas perdu. Un chat n’est jamais perdu. Ce sont les hommes qui le sont. Vous êtes vraiment des niaiseux.

BHOGY :
Oui, doucement… Tu exagères un peu. Et puis, je me demande comment on peut te casser les couilles puisque tu es castré.

MOMO :
Moque-toi, salaud !

BHOGY :
Je te taquine. Mais, blague à part, ils sont quand même tristes et inquiets.

MOMO :
Oui, je sais. Mais ce ne sont pas mes affaires.

En réalité, ce qu’il leur faudrait, ce n’est pas un chat, mais une peluche vibro Kalinou pour adultes. C’est doux, agréable, réconfortant et ça ne fugue pas.

Ou alors un berger allemand. Ça, c’est bien : un chien, ça écoute, ça obéit, c’est docile. Mais un chat ? Certainement pas, bordel !

BHOGY :
Tu as raison. Si je les croise, je leur suggérerai.

MOMO :
Par contre, sans blague : ne les préviens pas. Je reviendrai quand bon me semblera.

BHOGY :
Ne t’inquiète pas, tu ne risques rien ici. Tu es au Neufcours, et c’est une zone qui nous est interdite. On n’a plus le droit d’y aller.

Donc, si je leur dis que je t’ai vu ici, je risque une amende. Et puis, connaissant l’humain qui te cherche, c’est un grand respectueux des lois. Il ne viendra pas te récupérer dans le coin.

Alors sois tranquille.

MOMO :
Merci pour l’info.

Et je te confirme que l’humain que j’ai quitté est effectivement très respectueux de la loi.  Enfin… quand ça l’arrange. Parce que dès qu’il est question de droit à l’image, de vie privée ou d’affichage sauvage, il n’y a plus vraiment de limites. Bref…

Bon après-midi à toi.

BHOGY :
Merci, l’ami. Bon après-midi à toi aussi. À bientôt, et profite bien de tes vacances.