Les ésotéristes l’ont déjà appris : dans l’astral, les anges, ces entités invisibles nous soutiennent de toutes leurs forces et de tout leur amour.
Dans le livre Dialogue avec l’ange, de Gitta Malasz, ce soutien est même le thème central des discussions. Dans un contexte de guerre insoutenable, l’ange s’entretient avec les terriens et s’efforce de leur faire comprendre que tout est juste et que tout est parfait, malgré le chaos.
Ce qui est intéressant, c’est que l’ange ne demande pas aux humains d’y croire dans un fidéisme aveugle : il l’affirme. Il affirme que tout est juste, que tout est parfait, d’où il le voit, bien sûr.
La foi, c’est finalement un truc d’humain, un truc trop humain, nourri de son doute.
En tant qu’immanentiste, je ne crois pas aux anges : je les constitue plutôt en conscience. Dit autrement, je ne crois pas aux anges, je sais les anges.
J’en ai une connaissance relative, liée à mon expérience de vie, mais aussi à mon expérience de rêve. C’est-à-dire que j’en ai une idée plus ou moins limitée.
Certains individus les voient constamment et vivent même avec eux, tandis que d’autres n’en ont jamais vu et n’y croient pas. Dès lors, ils n’apparaissent pas et ces personnes n’ont pas d’expérience vécue avec des anges, conformément à leur pensée dominante.
Un athée et un cartésien ne vont pas vivre les mêmes expériences dans leur relation au visible et à l’invisible.
Personnellement, je les imagine dans l’invisible. Je sais qu’ils me soutiennent, qu’ils sont là. L’invisible soutient le visible : cela, je n’en ai plus aucun doute, en tant que moniste.
La rencontre dans le visible
C’est justement pour cette raison que je voulais écrire ce texte : pour exprimer le fait que j’ai rencontré un ange dans le visible.
À ma grande surprise, j’ai compris qu’il pouvait y avoir des anges qui venaient sur Terre, et qui y avaient peut-être toujours été, puisque je les avais toujours vus sans les reconnaître.
Je peux alors me poser la question : est-ce qu’ils le savent ?
Peut-être ont-ils une sorte d’oubli qui leur permet de vivre cette expérience avec nous. Je ne sais pas si l’ange que j’ai rencontré en a conscience. Je lui poserai la question, car, lorsque je l’ai rencontré il n’y a pas longtemps, je ne la lui ai pas posée.
Je lui demanderai s’il ignore qu’il en est un, s’il le sait mais n’en parle pas pour vivre pleinement cette expérience, ou encore s’il s’en doute et cherche, avec moi, à comprendre.
En tout cas, il a, à mon sens, une véritable posture d’ange. C’est ce qu’il représente pour moi.
« Il ne m’ont pas reconnu »
Quand je dis que je l’ai reconnu, le mot est important. Il renvoie exactement à ce que vivent les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs après la résurrection du Christ.
Ces deux disciples sont totalement découragés par la mort de Jésus. Dans l’Évangile de Luc, il est dit :
« Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus s’approcha et fit route avec eux, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. »
C’est exactement ce phénomène que j’ai vécu dans cette rencontre.
Je l’ai reconnu.
Ce passage de la Bible confirme aussi un précepte jovialiste que j’aime beaucoup :
Le semblable n’est connu que par le semblable.
Les disciples ont dû s’ouvrir et dépasser ce que leur imposait la loi générale pour reconnaître quelqu’un qui était ressuscité. Cela demande une ouverture , une élévation vers une conscience proche de celle du Christ. C’est alors que le semblable peut être connu par le semblable.
Il en va de même pour Marie de Magdala. Au départ, elle voit un jardinier à la place de Jésus. Puis, lorsque Jésus l’appelle, elle le reconnaît. Là encore, cette reconnaissance ne se produit pas immédiatement : elle passe par une ouverture de conscience.
Les apparences ne sont pas trompeuses
Dans mon cas, cette rencontre est d’autant plus étonnante que la personne que j’ai reconnue comme un ange fait partie de ma famille.
Je le connais depuis sa naissance. Il est plus jeune que moi, et cela fait donc une trentaine d’années que je le croise.
Maintenant que tout est clair dans ma tête, je dois avouer que j’avais déjà reconnu son père à l’époque. Mais, à ce moment-là, c’était moi qui étais petit.
Quand j’étais enfant, son père, qui avait peut-être quinze ou vingt ans de plus que moi — je ne sais plus exactement — m’avait déjà donné une impression de douceur et de paix. Je n’arrivais pas à mettre des mots sur cette impression, mais les apparences n’étaient pas trompeuses.
J’ai dû me résoudre à ne plus voir cela pendant les années qui ont suivi. Aujourd’hui, cette intuition de mon enfance refait surface.
Pour moi, tout cela est très transparent.
À quoi ressemble un ange ?
Vous allez peut-être me demander : à quoi ressemble un ange ? À quoi ressemble mon cousin, et pourquoi l’ai-je reconnu comme tel ?
En réalité, un ange ressemble à l’idée que vous vous en faites.
C’est encore le principe selon lequel le semblable n’est connu que par le semblable. J’ai une idée des anges, et c’est à travers cette définition que je le reconnais. Je ne me permettrais pas de vous en donner une définition universelle.
Mais lorsqu’un ange est sur Terre, il s’agit d’un être qui a enfilé un corps, une tenue, une apparence. C’est comme s’il revêtait un équipement pour explorer un autre monde, à la manière d’un cosmonaute.
Si nous arrivions dans un autre monde et rencontrions un extraterrestre, celui-ci serait naturellement à l’aise, tandis que nous aurions besoin de tout un équipement : oxygène, générateur de gravité et autres éléments nécessaires à notre survie.
Les anges, eux, doivent s’équiper pour vivre avec nous. Dans leur monde, il n’y a ni haut ni bas, ni chaleur ni oxygène. Il n’y a rien de tout cela : c’est vivre l’absolu.
Leur corps terrestre est donc une apparence adaptée à notre monde. D’un point de vue humain, on pourrait croire qu’ils n’ont pas été gâtés. Pourtant, ils ne vivent pas vraiment sur Terre comme nous : ils y évoluent avec une apparence qui leur est propre.
Ils ont accès à des sphères, sur Terre comme dans d’autres mondes invisibles, pour lesquelles nous sommes, en revanche, très mal équipés.
Je suis donc un humain qui a reconnu un ange sous son apparence humaine, avec sa tenue humaine.
Les anges et l’expérience terrestre
Il faut aussi revenir à l’idée que beaucoup d’anges sont jaloux de ce que nous vivons. C’est un thème que l’on retrouve également dans Dialogue avec l’ange : cette envie de faire l’expérience de la vie terrestre.
Ils nous soutiennent en nous disant que cette expérience est juste, bonne, merveilleuse, qu’elle est amour, et que nous nous perdons pourtant dans nos identifications.
On peut reprendre ici le principe hermétiste de la Table d’émeraude :
Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.
C’est le message qu’ils tentent de nous transmettre. Mais lorsqu’ils nous l’envoient depuis l’invisible, il est difficile pour nous de le recevoir.
Alors certains auraient choisi de venir sur Terre. Ils se seraient dit : « Nous allons venir directement, ce sera plus simple. » Ils viennent avec cette apparence afin de nous ouvrir à une autre conscience.
Certains anges restent dans l’invisible et ne prennent pas l’initiative d’apparaître toute une vie sous cette forme. D’autres acceptent de vivre parmi nous.
Un corps d’ange
Pour ce qui est des anges présents sur Terre, je pourrais parler de leur corps.
C’est un corps plutôt fragile, pas toujours très bien adapté. Il est sensible dans toute son apparence : la peau, les cheveux, les yeux. Ce sont des êtres lumineux, dont le corps semble plus lumineux que le nôtre.
Mais, paradoxalement,habitués à une grande clarté, à une lumière pure, ils peuvent ressentir le soleil comme une lumière relative et insupportable.
Voilà
J’ai rencontré un ange. Cette rencontre m’émerveille.
Je suis aux anges.
