1 – Il y a deux jours, je me suis téléporté

Voilà. C’est assez délirant comme constat. C’est justement pour ça que j’ai eu envie d’en parler. Pas de la téléportation en elle-même. Elle ne m’intéresse pas plus que ça. Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’elle a ouvert en moi.

En ce moment, nous traversons une période de canicule. Les nuits sont très chaudes et, d’habitude, je me souviens assez mal de mes rêves. Pourtant, depuis longtemps, j’ai pris l’habitude de les noter. Pas pour les interpréter. Je ne prends pas les rêves pour des symboles.

Aujourd’hui, je considère le rêve comme une réalité. Une réalité tout autant que celle que nous appelons la vie quotidienne. Simplement, sa régularité est différente. Je cherche à développer ma conscience dans le rêve. Je pars à la conquête de ma psyché profonde, c’est-à-dire du moi le plus agrandi dont je puisse faire l’expérience maintenant. Ce que je suis m’est dévoilé dans mes rêves.

Chaque fois que je me souviens d’un rêve, j’en parle à Laurence. C’est devenu une habitude. Et je me suis aperçu d’une chose : très souvent, je comprends ce que j’ai vécu au moment où je le raconte. Ma parole est une pensée parlante. Je pourrais même dire que ce que je dis parle moins que ce que je suis.

Le lendemain matin, en ouvrant les yeux, je me suis dit : « La vache… ça faisait un bail que je n’avais pas fait un rêve aussi puissant. »

À ce moment-là, je ne pensais absolument pas à la téléportation. Ce qui m’avait marqué, c’était un ciel. Un ciel orange. J’étais vraiment dans un tableau surréaliste, d’inspiration de Dalí. C’était d’une beauté incroyable.

Je raconte alors mes trois rêves à Laurence. Et c’est seulement en les racontant que quelque chose apparaît. Le premier rêve. Le troisième rêve. Tous les deux parlent déjà de téléportation.

Je les avais vécus mais j etais passé à côté.

Et c’est à partir de là que ce récit commence.