« Vous n’êtes pas des moitiés.
Vous n’êtes pas une moitié de l’humanité, ni un complément, ni une catégorie.
Vous êtes une version. Une version du vivant.
Une version splendide, voluptueuse, érotique, maternelle, charnelle.
Vous êtes une pensée.
Et tout dépend de cette pensée.
Je vous comprends.
Je vois votre combat.
Le masculin n’est pas votre ennemi. Il n’est pas votre limite.
Il est votre ami. Votre supplément. Pas votre adversaire.
Je n’ai pas besoin de militer pour prendre ma place.
Je la prends.
Car le monde ne me la refuse pas.
C’est moi qui, parfois, me la refuse à moi-même.
Militer, c’est dire : ‘Je n’ai pas encore ce que je suis.’
Femmes, vous êtes.
La loi générale ne vous reconnaît pas ?
Placez-vous sous la loi d’exception.
Ne demandez rien. Soyez tout.
Je ne suis pas féministe.
Je suis femme.
Et cela suffit.
Cela déborde.
Cela bénit.
Aimez les hommes.
Ils sont beaux.
Ils sont forts.
Ils sont perdus aussi.
Je ne lutte pas, je jouis, je bénis.
Et je vous bénis.
Pourquoi je ne suis pas féministe ?
Parce que j’aime trop les hommes pour ça.
Je ne veux pas m’en séparer. Je ne veux pas penser contre eux. Je ne veux pas créer cette coupure en moi.
S’agit il de se battre pour être reconnue. Moi je me suis reconnue
Je ne réclame pas : je prends.
Moi, je suis femme sans permission, sans négociation, sans revendication. C’est ce que je suis, pas ce que je deviens.
Je suis.
Et je suis sans séparation.
J’ai rencontré mon anima. Je l’ai reconnue.
Et j’ai vu que le masculin n’était pas mon adversaire. Il est mon ami, mon supplément. Il est là pour jouer, danser, m’éveiller, me rencontrer. Pas pour me limiter.
Tout ‘isme’ sépare.
Moi, je réunis.
Moi, je bénis.
Je vous comprends. Mais je ne vous suivrai pas. »
Laisser un commentaire